7 jours dans le Transsibérien en 7 anecdotes

Vladivostok, 24 février 2025, 6h17 : je suis descendu du Transsibérien, après exactement 173 heures de voyage. Une semaine pour rouler sur le plus long chemin de fer du monde. Une semaine hors du temps. J’ai d’ailleurs joué avec (le temps), car j’ai traversé 8 fuseaux horaires !  

Je me pose donc pour te donner des nouvelles de ce trajet que j’évoquais depuis longtemps. Pour te donner une idée, je suis désormais sur la côte est de la Russie, tout près de la frontière avec la Chine et de la Corée du Nord, est-ce que tu situes ? Il n’y a plus que la mer du Japon qui me sépare… du Japon ! 

En résumé, le Transsibérien, je dirais que c’était comme à la maison. Je suis resté en jogging tout le temps, j’ai chillé, j’ai admiré les paysages magnifiques, souvent enneigés, et j’ai adoré la compagnie de ma coloc Tatiana, dont je t’ai déjà parlé. 

Retour en 7 anecdotes sur la traversée de la Russie par les rails.

Une coloc pendant une semaine

Évidemment, je vais commencer par te parler de ma coloc, Tatiana, que j’ai connu à peine monté dans le Transsibérien. Elle me demandait tous les soirs de me retourner quand elle se changeait, en russe bien sûr. Je ne comprenais pas un seul mot, et pourtant je comprenais ce qu’elle me disait. Étonnant, non ?

Petite photo avant qu’elle ne descende, et petit aparté sur ma coloc, Tati pour les intimes : elle a dû faire une opération des dents à Moscou, où elle s’est rendue en avion. Pas possible de le prendre au retour pour des raisons médicales, elle a donc pris le Transsibérien ! Elle habite à côté de Vladivostok, à Khabarovsk exactement.

Je suis vraiment content d’avoir partagé le compartiment avec elle pendant presque tout le trajet, elle a été adorable et on a pu bien échanger malgré la barrière de la langue. Grâce à elle notamment, je garde d’excellents souvenirs de la traversée russe. 

Tiens je te partage un souvenir : chaque fois qu’on était à une gare et que la femme responsable du wagon entrait dans notre cabine et repartait, on se lançait un regard complice et on rigolait (parfois Tatiana faisait le signe de la croix) parce qu’on était contents que ça ne soit pas un nouveau coloc. On a eu 2 colocs sur 2 nuits différentes, mais ils sont juste montés à 23h et repartis au petit matin.

Un trajet sans repas finalement

Je te rassure, j’ai tout de même mangé pendant cette semaine. Seulement je pensais avoir fait une réservation avec repas inclus, mais non ! Heureusement, j’avais assez de cash sur moi pour pouvoir me payer les repas ; j’ai pris le menu 5,50€ à chaque fois, avec le petit thé (car je n’ai pas du tout aimé leur café).

Les repas marquaient d’ailleurs ma journée, j’étais content quand approchait l’heure de me diriger vers le wagon-restaurant. Je prenais toujours mon carnet pour remplir mon journal de bord avec les détails quotidiens du voyage.   

La communication au fil du temps

En parlant de repas, j’ai fini par être pote avec la serveuse qui gérait le wagon-bouffe. C’était pas gagné d’avance, car les premiers jours elle était fermée, pas très agréable. Et finalement les derniers jours, j’ai eu droit à de grands sourires. Elle s’asseyait même à table avec moi pour prendre ma commande et elle rigolait (probablement de moi).

Je n’ai presque pas parlé anglais de la semaine, car les passagers parlaient exclusivement russe, et pourtant j’ai beaucoup échangé avec les gens, notamment grâce à une appli de traduction qui m’a bien aidé. 

Un moment de malaise pendant la semaine

J’ai eu un seul moment de malaise pendant le voyage, quand j’étais au wagon-restaurant (oui, j’y ai passé beaucoup de temps). Un militaire parlait de manière insultante avec une autre passagère qui mangeait, ça parlait fort, le militaire était bourré ça s’entendait dans sa voix. Quand je suis allé payer, j’ai vu qu’il était avec 3 autres militaires qui buvaient aussi, il pleurait à moitié avec les dames du wagon qui le consolaient.

La passagère m’a pris par le bras quand je repartais (je pense qu’elle voulait m’inclure dans la conversation), j’ai dit que je ne parlais pas russe, ce à quoi elle a répondu « Anglais ? OK, pardon » (en russe, ne me demande pas comment j’ai compris…). Elle m’a relâché, je suis parti sans demander mon reste. Sinon, tout s’est passé à merveille pendant la semaine 😅

Le jet des toilettes et moi, ça a fait 2

J’ai mis 2 jours à comprendre que le jet dans les toilettes n’était pas là seulement pour nettoyer les WC, mais aussi à disposition pour se laver ! Tu rigoles, mais tu aurais compris de suite, toi ?

Bref, j’ai commencé par me laver au lavabo genre toilette de chat, puis j’ai ensuite utilisé le jet pour prendre des douches. J’ai d’ailleurs fait une publication spécifique concernant la « salle de bains » sur les réseaux, ça sera plus explicite en images.    

Les petits détails qui font la différence

Tous les matins, j’avais le droit à un bonjour de ma coloc. Oui je te parle encore d’elle, en même temps on a passé 7 jours ensemble ! Quand je me levais et que j’enlevais mon masque de nuit, elle me saluait en russe. 

C’est un détail que j’ai beaucoup apprécié, une petite attention qui a créé du lien entre nous dès le début. Ce sont aussi les détails qui font la différence chaque jour : un sourire, un mot, une musique,…

L’apprentissage de cette aventure

On n’a pas besoin de parler la même langue pour tisser des liens. Ma coloc Tati en est un exemple, tu l’auras compris. La gérante du wagon-restaurant aussi. Chaque passager avec qui j’ai échangé en a été un bel exemple. Tout le monde a été d’une extrême bienveillance avec moi, ça a fait chaud à mon cœur de voyageur.   

La femme en charge de notre compartiment en est une belle illustration également : chaque jour à son passage pour le ménage, elle faisait l’effort de parler lentement, en gros comme si elle parlait à un enfant. Bon, j’avoue que je n’ai jamais compris un mot même au ralenti, et je lui ai précisé plusieurs fois que je ne parlais pas russe. Mais c’était adorable de sa part de faire un effort, et on a tout de même réussi à communiquer autrement que par le langage. 


Voilà, tu sais tout de ma semaine entre les deux villes emblématiques de Moscou et Vladivostok. Surtout, n’hésite pas à me poser des questions, je serais ravi d’y répondre. Je me souviens que j’avais tellement de doutes avant de partir. Alors maintenant que je l’ai vécu, j’aimerais aider les futurs voyageurs, ou juste répondre aux curieux.   

Sinon, je viens d’arriver en Chine ! Le ferry que je voudrais prendre pour arriver en Corée réouvre le 6 mars, je vais donc rester une semaine à Pékin pour l’attendre en visitant la capitale chinoise. Cela me laissera une vingtaine de jours sur mon autorisation de séjour en Chine, je pourrai donc y repasser au retour.

Bref, l’aventure continue…

Après cette semaine sur les rails, je suis content de pouvoir marcher et de me balader au soleil. Je vais pouvoir recharger ma jauge de vitamine D. Les températures sont positives à nouveau, c’est grand soleil et il fait 2 degrés, quel bonheur !

Comme d’hab, je te partage les liens vers le contenu photo et vidéo de mon aventure un peu folle et bas-carbone jusqu’au Japon.
C’est par ici pour embarquer avec moi sur les rails :
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Et pour ceux qui prennent le train en marche, retrouvez ici tous les articles publiés précédemment.

On se retrouve sur les réseaux sociaux, et la semaine prochaine pour savoir si j’ai réussi à arriver en Corée !

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