Ascension du Mont Fuji : mon expérience et mes conseils

Vendredi 11 juillet, 11h55, station Fujinomiya : je suis prêt pour l’ascension d’une des montagnes les plus connues au monde, le Mont Fuji. Dans l’article du jour, je te partage mon retour d’expérience et en profite pour te parler de l’histoire du mont et te donner quelques conseils, que tu souhaites le gravir aussi ou l’admirer de loin depuis les meilleurs spots.

Le premier mot qui me vient sur ces deux jours est… MAGNIFIQUE. Pas seulement pour décrire le Mont Fuji, mais l’ascension en elle-même, et toute l’expérience autour.

Si vous voulez du visuel, j’ai aussi fait un VLOG !

Journal de bord de mon ascension

Ma préparation en amont

D’abord, je préciserais que ça n’était pas du tout un objectif que j’avais dès mon départ. Je m’étais déjà dit que je pourrais monter le Mont Fuji, mais sur le ton de la blague. C’est pendant une randonnée à Nara que l’idée m’est revenue. Du coup, j’ai commencé à me renseigner et à m’auto-motiver. J’ai ensuite fait plusieurs randonnées pour me préparer, notamment à Nara comme je te disais, et au mont Hallasan. Aussi, j’ai regardé énormément de vidéos, j’ai adoré ça, alors je me suis dit let’s go !

Niveau préparation logistique, j’ai pris ça au sérieux en faisant un premier test lors de ma randonnée à Hallasan. Objectif : tester le matériel, savoir si mon sac était ok ou s’il m’en fallait un plus grand, etc. Ensuite, est venu le choix de la randonnée pour l’ascension, car plusieurs options sont possibles. Il est notamment proposé de monter et de descendre dans la journée, mais je trouvais ça logistiquement plus compliqué, et surtout, je voulais faire durer l’expérience pendant deux jours. 

La veille de la montée, je suis allé au musée Mont Fuji World Heritage qui raconte l’histoire du mont, son aura spirituelle et l’inspiration artistique qu’il incarne à la fois dans le monde japonais et sur la scène internationale. J’y ai entre autres appris qu’il existe des sectes qui vénèrent le Mont Fuji, est-ce que tu savais ? Je te parlerai de ce musée dans un article très prochainement.

Ambiance chaleureuse sur les sentiers

Ça y est, le jour J est arrivé. Je me sentais prêt, mais j’avoue que j’étais un peu stressé, surtout par l’altitude. En effet, j’avais déjà ressenti le mal d’altitude dans les Pyrénées il y a quelques années. Au final, j’ai juste eu quelques maux de tête mais légers, j’ai pris le temps de me poser et de respirer pour que ça passe.

Après une heure et demie assis par terre dans un bus trop blindé, départ de l’ascension à 2 200 mètres, à la 5ème station. J’ai réussi à la faire en 4 heures au lieu de 6, ce qui est un bon timing, mais j’ai mis autant de temps à descendre car le sentier était sableux et très glissant. La descente m’a vraiment paru plus difficile que la montée !

La pluie s’est invitée entre la 6ème et la 7ème station de mon ascension, avec même du brouillard à la 9,5ème station (où j’ai dormi, à une heure de marche du sommet). Autant te dire que la vue n’était pas folle. Mais j’étais arrivé à 3 336 mètres, à une heure de marche seulement du sommet.

Sur la route, l’ambiance a été très chaleureuse, beaucoup de gentillesse et d’humour. J’ai pu rencontrer plein de monde, ce qui a rendu l’expérience hyper agréable. La nuit en sardine épaule contre épaule avec les voisins l’a été beaucoup moins, mais ça fait partie de l’aventure ! Après 3 petites heures de sommeil, départ à 2h20 à un rythme très tranquille car il y a du trafic, et l’ambiance est toujours aussi bonne même en pleine nuit.

Moment magique au sommet

Arrivé au sommet à 3 776 mètres, je me dirige vers le versant Est, et là j’aperçois la lumière de la pleine lune de la veille, c’est magnifique. Par contre, c’est nuageux, j’imagine que le lever de soleil se verra à peine. J’ai assisté à une véritable pièce de théâtre au sommet, où je suis resté assis pendant une heure à admirer les scènes avec le rideau fermé par les nuages, et les scènes avec le rideau ouvert, quand le ciel s’éclaircissait parfois. C’était de toute beauté, mais j’étais frustré à l’idée que la vue ne serait pas dégagée. Puis par miracle, le soleil s’est levé et tous les nuages sont partis. Cris de joie autour de moi, ce fut un moment extraordinaire de communion avec les courageux qui avaient grimpé pour ce spectacle unique.

[À noter que le Mont Fuji est visible uniquement 80 jours par an environ, soit un jour sur quatre, ce qui est très peu. Tu peux vérifier la visibilité sur ce site]. 

J’en ai ensuite profité pour explorer le cratère du Mont Fuji, et pour prendre conscience que j’étais arrivé au sommet ! Mission accomplie, et réussie. Puis c’était déjà le moment de redescendre, et de prendre le petit-déjeuner là où j’avais dormi. Le check-out étant à 9h, j’ai pu y laisser mes affaires et terminer la montée léger ! Ce lever de soleil et l’expérience de l’ascension resteront à jamais gravés dans ma mémoire de voyageur, non seulement par le défi que cela a représenté, mais aussi par la beauté de ce que j’ai vu et ressenti. Alors pour illustrer cette expérience personnelle, j’ai envie de te parler un peu de l’histoire de cette montagne et ses particularités.

L’histoire du Mont Fuji

Un volcan très ancien et toujours vivant

Le Mont Fuji, ou Fujisan, s’élève avec grâce à 3 776 mètres, dominant l’horizon japonais de sa silhouette parfaite. Situé à environ 100 kilomètres au sud-ouest de Tokyo, ce volcan endormi est bien plus qu’une simple montagne : c’est une icône culturelle, un site sacré et un lieu de pèlerinage naturel pour des millions de Japonais et de visiteurs du monde entier.

Bien que sa dernière éruption date de 1707, le Mont Fuji reste un volcan actif, est-ce que tu savais ? Cet événement, connu sous le nom d’éruption Hōei, a projeté des cendres jusqu’à Edo, l’ancien nom de la capitale. Depuis, le géant reste silencieux, mais sous surveillance constante. Les scientifiques s’accordent à dire qu’il pourrait se réveiller un jour, ce qui ajoute une touche piquante à son aura mystérieuse.

Un lieu hautement spirituel

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2013, le Mont Fuji est vénéré depuis plus d’un millénaire. Dans le shintoïsme et le bouddhisme, il est considéré comme une porte entre les mondes, comme un pont entre l’humain et le divin. Gravir le Fuji n’est pas qu’un exploit physique, c’est un acte spirituel, une forme de purification. C’est pourquoi de nombreux Japonais entreprennent l’ascension, souvent au lever du soleil, dans une quête d’illumination intérieure. Comme je t’expliquais, j’ai trouvé le moment magique. Je ne sais pas si je peux parler d’illumination intérieure, mais c’est un souvenir qui brillera très longtemps à l’intérieur de moi, c’est certain. 

Un symbole artistique et culturel puissant

Le Mont Fuji est omniprésent dans l’art japonais. Les célèbres “Trente-six vues du Mont Fuji” de Hokusai, notamment “La Grande Vague de Kanagawa”, ont immortalisé sa silhouette dans l’imaginaire mondial. Encore aujourd’hui, des peintres, écrivains, photographes et poètes s’inspirent de sa beauté calme et puissante.

Il incarne la dualité japonaise entre tradition et modernité, nature et spiritualité, discipline et contemplation, dont je parle souvent dans mes articles depuis le début.

4 conseils pour admirer ou gravir ce mont mythique

Observer le Mont Fuji, que ce soit depuis le lac Kawaguchi, les sources chaudes d’Hakone, ou le train à grande vitesse Shinkansen, est un moment suspendu. Il suffit d’un regard pour comprendre pourquoi cette montagne fascine tant.

Elle ne se laisse pas toujours voir, car elle est souvent cachée derrière les nuages, comme la première fois où j’ai voulu l’observer, mais quand elle se dévoile, c’est d’une beauté unique.

Le Mont Fuji n’est pas juste un sommet. C’est une expérience, un symbole, une âme. Que ce soit pour le gravir ou pour l’admire de loin, il marque à jamais ceux qui le rencontrent. Voici quelques conseils que je te donne pour préparer ce rendez-vous spécial avec l’une des montagnes les plus connus au monde :

Choisir la bonne période

  • Ascension possible uniquement entre juillet et début septembre, lorsque les sentiers sont dégagés ;
  • Si tu veux l’admirer sans le grimper, privilégie les mois d’hiver (décembre à février) car le ciel est dégagé et l’air sec, c’est donc la saison où il est le plus visible ;
  • Attention : en dehors de la saison officielle, les sentiers sont fermés pour raisons de sécurité ;
  • Réserver plutôt en semaine pour un peu moins de monde sur le chemin.

Organiser son arrivée au sommet

  • Depuis Tokyo, tu peux rejoindre Kawaguchiko ou Hakone en train ou en bus (1h30 à 2h) ;
  • Pour l’ascension, prends un bus jusqu’à une des 5èmes stations (points de départ en altitude) ;
  • Il y a plusieurs check points sur le sentier, notamment à l’entrée pour vérifier que tu as payé ton droit d’accès. La dernière station est celle où on peut dormir, à une heure de marche du sommet ;
  • 4 randonnées sont possibles pour arriver au sommet :
    • Yoshida Trail de 5,5 km (difficulté : moyenne à difficile) ;
    • Subashiri Trail de 6,5 km (difficulté : moyenne à difficile) ;
    • Gotemba Trail de 8,5 km (difficulté : difficile) ;
    • Fujinomiya Trail, de 5 km (difficulté : moyenne à difficile). Celui que j’ai fait !

À savoir pour l’ascension

  • Compte entre 4 et 6 heures de montée selon ton rythme, 3 à 5 heures de descente ;
  • Si tu veux admirer le lever du soleil, ce que je te conseille vivement, c’est mieux de partir dans l’après-midi, de dormir en refuge à mi-parcours (réservation obligatoire), puis de repartir vers entre 2 et 3h du matin ;
  • Il fait froid en haut, même en été : prévois des vêtements chauds, coupe-vent, gants, lampe frontale, de l’eau et des snacks ;
  • Le mal des montagnes peut survenir dès 2 500 mètres. Avance lentement mais sûrement, hydrate-toi souvent pour éviter les maux de tête. Sache qu’il est possible de se procurer une bouteille d’oxygène si tu le souhaites.

Bien que techniquement accessible, la montée demande une bonne condition physique, une préparation minimale, et un respect absolu de la montagne. À noter que les effets de l’altitude peuvent surprendre les randonneurs non acclimatés, s’avérer compliqués à gérer. Deux conseils très importants : écoute ton corps et ne force surtout pas !  

Les meilleurs spots pour voir le Mont Fuji

  • Lac Kawaguchi : parfait pour les photos avec le reflet du Mont Fuji ;
  • Chureito Pagoda : vue iconique avec la pagode rouge au premier plan ;
  • Hakone : belles vues depuis les sources d’eau chaude ou les téléphériques ;
  • Train Shinkansen : astuce entre Tokyo et Osaka, place-toi à droite dans le train pour le voir filer à grande vitesse !

Quelques liens à connaitre

Alors, prêt à gravir le sommet toi aussi ? Et je suis curieux : en un mot, que représente le Mont Fuji pour toi ?


Sur ce, je te partage comme d’habitude les liens vers le contenu photo et vidéo de mon aventure un peu folle et bas-carbone au Japon.
C’est par ici pour embarquer avec moi sur les rails :
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Et pour ceux qui prennent le train en marche, lisez ici tous les articles précédents.

On se retrouve sur les réseaux sociaux, et la semaine prochaine pour toujours plus d’infos !

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