Train russie

France-Japon en train : un voyage extraordinaire

Et si l’on pouvait aller de la France au Japon… sans prendre l’avion ? Ça parait fou, je sais. Il y a un an, je t’aurais même dit que c’était impossible. Mais depuis, je l’ai fait ! Relier la France au pays du Soleil levant par voie terrestre, c’est le défi un peu fou que je me suis lancé, et que j’ai réalisé en début d’année. Retour sur cette aventure unique à travers l’Eurasie, au milieu de paysages incroyables et au cœur de cultures très différentes. Dans cet article, je te partage l’itinéraire complet, les infos pratiques, les anecdotes marquantes et tout ce qu’il faut savoir pour tenter cette grande traversée.

Précision pour la traversée de la Russie : vous êtes nombreux à me poser la question, alors sans suspens, voici ma réponse. Oui, c’est tout à fait possible de passer par la Russie malgré la situation politique. Le pays délivre un eVisa de 16 jours que tu reçois dans un déali de 4 jours avec le visa au format PDF à donner au passage de frontière.

En résumé
  • Nombre de jours de voyage : 45
  • Nombre de pays traversés : 10
  • Budget transport : 1000€
  • Budget logement : 1237€
  • Autres dépenses : 937€

Précision sur le temps de trajet : étant freelance, je continue à travailler 3 jours par semaine. Sache que tu pexu donc réaliser le trajet plus rapidement. Ou plus lentement… Car chacun son rythme 😌 Prêt(e) pour un France-Japon sans avion ? (sifflet du chef de bord). C’est parti !

Pourquoi j’ai décidé de rejoindre la France au Japon en train

Ce trajet France-Japon en train est né en trois temps.

  • 👉 Une conviction : Je suis persuadé qu’on peut adapter nos modes de vie pour diminuer notre impact sur la planète ;
  • 👉 Une décision : J’arrête de prendre l’avion ;
  • 👉 Une solution : Je réinvente ma façon de voyager.

Après avoir bien vadrouillé en Europe grâce au réseau ferroviaire, notamment en train de nuit, je me suis lancé le challenge de pousser les frontières. Une nouvelle idée avait germé dans ma tête d’aventurier : tenter cette façon de voyager jusqu’à un pays que je n’avais jamais foulé, et qui m’a pourtant toujours fait rêver: destionation le Japon !

Alors bien sûr, la question de l’empreinte carbone s’est posée. Mais à force de voyager en train, je suis complètement tombé amoureux de cette façon de voyager. Découvrir chaque territoire qui séparent ces deux pays, prendre le temps d’apprécier les paysages par la fenêtre, m’arrêter quand je le souhaite,… J’ai définitivement fait mienne cette nouvelle façon de voyager.

Pour être honnête, ce type de voyage demande de l’organisation, beaucoup d’organisation. De la patience aussi, et souvent une capacité ultra développée d’adaptation aux aléas. Correspondance ratée, train annulé, difficulté logistique,… Bref, la flexibilité est devenue mon alliée ! Ce format de voyage en immersion dans chaque pays traversé vaut bien tous les efforts du monde.

ma photo de départ
Mes sacs à dos et moi, juste avant de passer la porte vers une nouvelle vie.

Carte du trajet France-Japon sans avion

France-Japon sans avion, par voie terrestre et maritime.

Pour aller en terrain nippon, j’ai dû faire un choix. Car c’est bien connu, toutes les routes mènent au Japon. Il y en a donc plusieurs… Pour ma part, j’ai décidé de passer par la Russie. La raison principale : découvrir le fameux Transsibérien. Mais sache qu’il est possible d’emprunter la célebre ancienne route de la soie. On en reparle plus bas !

En résumé, j’ai donc traversé l’Europe jusqu’à Tallinn pour rejoindre la Russie via un bus jusqu’à Saint Petersbourg. La suite, c’était à bord du Transsibérien de Moscou à Vladivostok. Une fois arrivé à l’autre bout de la Russie, petit détour impromptu par la Chine, puis la Corée pour la traversée jusqu’à la ligne d’arrivée : Fukuoka, Japan.

Ce trajet n’est pas le plus court, ça m’a pris 45 jours au total. Comme je te précisais plus haut, j’ai travaillé en Europe, puis repris mon rythme de digital noamde à Vladivostok. J’ai donc pris mon temps et profité des villes dans lesquelles je me suis arrếté.

France-Japon en train : itinéraire étape par étape

France -> Bruxelles -> Prague

On commence easy pour quitter la France, de Lille à Bruxelles. Il suffit de l’apli SNCF ou Trainline, et pour environ 30€ tu te retrouves au pays de la bière et des frites. Selon ton point de départ, tu emprunteras probablement une autre ligne pour arriver jusqu’en Belgique.

Ensuite, j’ai préféré un train de nuit pour arriver à Prague. EuropeanSleeper est une compagnie que j’avais déjà testée plusieurs fois, et que je recommande. Petit coucher de soleil aux Pays Bas et lever de soleil en République tchèque. Le tout pour environ 100€, l’option classique avec un lit dans une cabine de 6 personnes.

Prague -> Varsovie -> Tallinn

Après avoir passé quelques jours dans l’incontournable capitale tchèque, j’ai ensuite pris un train (de jour cette fois) pour traverser la Pologne et rejoindre Varsovie. Le trajet a duré un peu moins de 10 heures, ce qui m’a permis de travailler à bord en profitant d’une connexion wifi. Niveau tarif : 43€ via la Deuch Bahn.

A ma grande surprise, j’ai redécouvert Varsovie sous la neige. Il commençait sérieusement à faire froid, mais je ne savais pas encore ce qui m’attendait en Russie … Le moment était idéal pour tester le manteau acheté pour l’occasion !

Pour la suite du trajet, petit fun fact : la taille des rails n’est pas la même dans les pays baltes qu’en Europe. Un projet est en cours pour les harmoniser, tu peux voir où ça en est sur Rail Baltica. Sache que c’était un peu sport de s’aligner, mais en partant de Vilnius à 7h05 avec le lever de soleil en cadeau, on peut changer à Riga vers 11h04, pour ensuite rejoindre Valga à 11h16 et enfin Tallinn à 17h34 et profiter du coucher de soleil. Oui, tu auras remarqué que j’en suis fan.

Voici les détails que j’ai trouvés concernant l’achat des billets :

  • LTG Link pour Varsovie-Vilnius et Vilnius-Riga ;
  • Vivi pour Riga-Valva ;
  • Elron pour Valga-Tallinn.

Vivement que ce soit plus simple, pas vrai ? Sinon, le tout m’a coûté 60€.

En mode préparation à Tallinn, Estonie

Une fois à cette étape du trajet, déjà bravo, car tu auras traversé l’Europe ! De mon côté, j’en ai profité pour en faire une étape logistique, car j’avais du pain sur la planche :

  • changer des euros contre des roubles ;
  • imprimer mes billets de trains pour le passage de frontière ;
  • faire une lessive (tout un programme en voyage) ;
  • digérer le début du périple et me préparer au reste du voyage.

Concernant les compagnies de bus pour aller jusqu’à Saint Petersbourg, ou même à Moscou depuis Tallinn, il existe plusieurs compagnies de bus. Pour ma part, je voulais ABSOLUMENT m’arrêter à Saint Pet. Et j’ai adoré !

Première étape russe : Saint-Pétersbourg et Moscou

Pour la réservation de billet, c’est sur ecolines pour 35€, avec un départ à 6h45 de Tallinn et une arrivée normalement prévue à 15h. Mais c’est là que j’ai connu ma première péripétie. Si le bus est censé te déposer à la frontière où l’attente est d’environ 2 heures. Personnellement, je suis passé à la frontière pendant les vacances en Finlande, période chargée donc. J’ai attendu 6 heures dehors, dans le froid de plus en plus froid… Mais tu auras probablement plus de chance que moi sur ce coup-là.

Bonne nouvelle : j’ai pu prendre un autre bus sans payant de supplément, ils s’arrangent entre eux, et suis donc arrivé à mon hôtel sans problème pour ma première nuit en Russie !

Après avoir profité de plusieurs jours à Saint-Pétersbourg, j’ai pris un train de jour pour Moscou. Arrivée dans la capitale russe en 4 heures, pour 60€.

Traversée de la Russie à bord du fameux Transsibérien

Nous voilà donc enfin à Moscou. Si tu as suivi jusque là, c’est que tu fais partie des aventurier(e)s qui n’ont pas froid aux yeux. Alors ce qui va suivre va te plaire ! Pour commencer, j’aimerais clarifier un point qui ne l’était pas du tout pour moi avant de monter à bord du Transsibérien. Je suis sûr que, comme moi, tu pensais que c’était un train. FAUX ! Il s’agit en réalité du nom de la voix ferrée. Il y a donc différents trains qui passent sur ces rails.

Qui dit plusieurs trains, dit donc choix à faire : pour ma part, j’ai choisi le train Roselia, confortable avec wagon restaurant. Pour la réservation, ça se fait en amont via RussianRailways. Sache que le paiement se fait sans restriction (contrairement à d’autres sites qui n’acceptent pas toujours les cartes bancaires européennes).

Départ un lundi à 01h du matin pour arriver à l’autre bout de la Russie une semaine plus tard. Ou très exactement 6 jours et 7 nuits. Arrivée à Vladivostock le dimanche à 06h17. À savoir, plusieurs choix de classes et de couchettes sont possible dans ce train :

  • la 3ème classe est moins chère mais dans un wagon ouvert ;
  • la 2ème classe offre plus d’intimité et de confort, j’ai donc opté pour celle là avec une cabine pour 4 ;
  • la 1ère classe est très confortable, mais bien plus chère également.

Gros avantage : quelle que soit la classe, tu pourras choisir un lit en haut ou en bas. Of course, la couchette du bas coûte plus cher mais tu pourras t’asseoir pendant la journée (au lieu de rester allongé(e) sur la couchette du haut). La petite table du bas est aussi bien pratique. Rappelle-toi que le trajet va durer une semaine, donc si ton budget le permet, mieux vaut payer un peu plus pour ton confort. Surtout que le prix est assez bas : 230€ pour un trajet de 9 000 kilomètres !

Pour aller plus loin, je t’embarque 7 jours dans le Transsibérien. Ei si tu préfères le format vidéo, voici le vlog que j’ai partagé sur Youtube :

Passage de frontière entre la Russie et la Chine

C’est ici qu’on on arrive à la croisée des chemins. Normalement, il y a un ferry de Vladivostok à Donghae pour ensuite aller jusqu’à Sakaiminato. Sauf que je n’ai pas pu prendre ce ferry car il était en maintenance. Tu pourras trouveras les infos mises à jour sur le site de la compagnie opératrice DWShip. Par contre, contrairement au Transsibérien, sache que c’est bien plus coûteux (environ 400€).

Plan B donc : sortie de la Russie à Pogranitchny (environ 2h30 en taxi de Valdivostok), puis j’ai rejoint la ville frontalière de Suifenhe. Dès le lendemain, j’ai pu arriver à Pékin, capitale majestueuse de la Chine. J’ai payé une centaine d’euro en achetant le billet de train via trip.com pour la partie chinoise. Je n’avais pas du tout prévu ce passage en Chine dans mon itinéraire, mais c’est bien la preuve que l’imprévu a du bon. J’ai adoré la semaine que j’ai passée à Pékin, et je suis même repassé par les terres chinoises au retour !

Un vlog est également sorti sur mon passage de frontière entre la Russie et la Chine, l’immersion continue juste en dessous :

Une semaine en Corée avant d’arriver au Japon

Pour la suite de la route, encore une fois, il y du choix : plusieurs ferries permettent de faire la liaison jusqu’en Corée, au départ de Pékin ou de XXX. Tu peux même descendre jusqu’à Shangaï pour aller directement à Osaka ! Cette ligne a officiellement reprise depuis juillet 2025.

Connexions entre la Chine et la Corée

Pour ceux qui comme moi, souhaitent passer par la Corée, ça sera direction Qingdao ou Weihe. Le passage coûte environ 100€ + 50€ de billet pour se rendre au port.

Une fois arrivé en Corée, tu pourras tranquillement rejoindre Séoul en bus (1h30), puis Busan en train (quelques heures, moins de 20€). Mon conseil culinaire dans la capitale coréenne : goûter au barbecue, c’est un délice !). Et dernière ligne droite… À Busan, le ferry est juste derrière la gare. Pour terminer ce trajet de 10 000 kilomètres à travers 10 pays, le dernier transport est original. C’est une traversée de nuit qui t’amènera au Japon. Réserve ton billet via DirectFerries pour 60€, profite du voyage, puis tu seras arrivé(e) à destination !

Autre itinéraire possible, par l’ancienne route de la soie

Toutes les routes menant au Japon, il y a donc plusieurs chemins possibles, comme je te racontais rapidement plus haut. Il s’agit ici de mon expérience, mais n’hésite pas à tenter d’autres possibilités. Aussi, pense à partager ton propre vécu qui sera super utile aux futurs voyageurs.

L’autre route en question est l’ancienne route de la soie, celle qui passe par la Turquie, la Géorgie, un petit bout de Russie, le Kazakhstan, puis la Chine. Sache que pour l’instant, je n’ai pas encore suffisamment d’information à te donner. Mais justement, c’est l’itinéraire que j’ai prévu au retour ! Je te laisse une carte pour que tu puisses visualiser le trajet, et bien sûr, je mettrai les informations à jour très bientôt.

Infos pratiques pour un France-Japon en train

Temps à prévoir :

  • 12 jours si tu voyages rapidement et que tu peux prendre le ferry Russie-Japon,
  • 30 jours si tu ne fais pas trop d’escales,
  • 45 jours si tu préfères prendre ton temps en Europe ou ailleurs.

Je recommande fortement de passer par Pékin, énorme surprise !

Budget transport seul :

Le transport seul coûte 1 000€, sachant que pour la plupart des nuits, tu dormiras dans le train. Ce qui te fait économiser pas mal de nuits d’hôtel. Mais prévois au moins 2 000€. Personnellement ça m’a coûté 3 000€ (j’ai bien profité sur la route).

Visas :

  • Aucun visa pour l’UE si ressortissant européen
  • Visa électronique ou papier pour la Russie
  • Pas de visa pour la Chine (30 jours accordés), ni pour la Corée du Sud et le Japon (90 jours en tant que Français).

Internet :

Je ne peux que recommander le forfait Free mobile 5G car il dispose d’un VPN intégré (pratique pour la Russie et la Chine), et de 35G à l’étranger. Il ne couvre cependant pas le Japon, mais possibilité d’avoir une eSim type Saily.

ma coloc de transsibérien
Dans le Transsibérien avec Tatiana, ma coloc de wagon

FAQ : France Japon en train

Est-ce encore possible en 2025 ?

Oui, même si la Russie est en guerre avec l’Ukraine, on peut toujours s’y rendre.

Puis-je faire ce trajet sans visa russe ?

Non ou difficilement, sur le trajet de l’ancienne route de la soie, on parle de potentiellement passer outre la Russie en prenant un bateau du Kazakhstan vers l’Azerbadjan mais il n’y a que très peu d’information sur le sujet.

Combien de temps faut-il prévoir ?

Minimum 30 jours pour profiter un minimum, idéalement 45 à 60 jours pour profiter des étapes.

Est-ce que c’est dangereux ?

Non, mais il faut être conscient de la situation en Russie et qu’il ne faut pas dire n’importe quoi, notamment pendant les possibles interrogatoire à l’entrée ou la sortie du pays.
Je te glisse mon retour d’expérience que j’ai partagé dans un vlog ci dessous


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