Publié sur Nomade sur Rails – deuxième grande étape de mon voyage bas carbone vers le Japon.

Après avoir traversé la Russie par le Transsibérien, puis la Chine jusqu’à Qingdao, j’ai rejoint la Corée du Sud en ferry. Une traversée d’une nuit sur la mer Jaune, assez calme, avec ce petit frisson : débarquer à pied en Corée du Sud, par la mer, sans avion, ça n’arrive pas tous les jours.

Le ferry de la compagnie Weidong relie Qingdao à Incheon en environ 17 heures. J’avais réservé une place en dortoir partagé — simple, propre, avec un petit restaurant à bord servant des plats chinois et coréens. Au réveil, la côte coréenne se dessinait dans la brume matinale. Le passage des formalités d’immigration à Incheon a été rapide, et une heure plus tard, j’étais dans le métro direction le centre de Séoul. Après des semaines de trains russes et chinois, il y avait quelque chose d’émouvant dans cette arrivée par la mer.

Séoul m’a accueilli avec une densité folle, une énergie palpable, et une météo bien plus douce que Vladivostok. J’y suis resté une semaine, le temps de m’imprégner de ses contrastes, entre gratte-ciels et temples, montagnes et néons, méditation et cafés ultra-connectés.

Une ville verticale, vivante, vibrante

Ce qui frappe d’abord, c’est le relief. Séoul est entourée de montagnes, et s’étire dans les vallées. En grimpant sur l’une de ces hauteurs, j’ai pu voir toute la ville se déployer sous mes yeux, immense, presque infinie.

Vue panoramique sur Séoul depuis les hauteurs
Vue panoramique sur Séoul depuis les hauteurs du parc Bukhansan. La ville ne semble jamais finir.

En bas, les quartiers sont très contrastés : certains encore traditionnels avec des maisons basses et des hanoks restaurés, d’autres futuristes, rythmés par le métro, les écrans géants et les cafés 24h/24. Séoul est une ville en accélération constante, mais où subsistent des poches de lenteur précieuse.

Bukchon Hanok Village : un pas dans le passé

Entre les palais de Gyeongbokgung et Changdeokgung se cache le village de Bukchon, un quartier résidentiel où subsistent des centaines de hanoks, ces maisons traditionnelles coréennes aux toits de tuiles incurvées. Se promener dans ses ruelles pentues, c’est remonter le temps de quelques siècles.

Les hanoks de Bukchon ne sont pas un musée à ciel ouvert — des gens y vivent encore. C’est ce qui rend la balade si authentique. On croise des portes en bois ornées de motifs traditionnels, des jardins intérieurs entrevus par une porte entrouverte, des murs de pierre patinés par le temps. Le contraste avec les tours de Gangnam visibles au loin est saisissant. Je te conseille d’y aller tôt le matin, avant les groupes de touristes, pour profiter du calme et de la lumière dorée sur les toits.

Spiritualité et silence au coeur du tumulte

Parmi les moments marquants de ce séjour : la visite du temple Bongeunsa, au nord de Gangnam. C’est un grand centre bouddhiste moderne, paisible, très actif. J’y ai vu des gens prier, méditer, réciter des sutras, dans un contraste frappant avec les tours de verre à deux pas de là.

Temple Bongeunsa à Séoul
Le grand Bouddha de Bongeunsa, havre de paix au cœur de la modernité coréenne.

J’ai retrouvé dans ce lieu un écho à mon voyage : ralentir, observer, écouter. Même dans une mégalopole comme Séoul, on peut retrouver une forme de calme — à condition de le chercher. Le temple propose d’ailleurs des programmes de temple stay où l’on peut passer une nuit sur place, participer aux cérémonies matinales et méditer avec les moines. Une expérience que j’aurais aimé tester si j’avais eu plus de temps.

La scène culinaire coréenne : un festin permanent

Impossible de parler de Séoul sans évoquer la nourriture. La cuisine coréenne est une explosion de saveurs, et ici, on mange bien partout, à toute heure, pour presque rien. Le marché de Gwangjang a été mon coup de coeur : un immense marché couvert où les stands se succèdent, chacun proposant sa spécialité.

J’y ai goûté le bindaetteok (galette de haricots mungo frite, croustillante à l’extérieur et moelleuse à l’intérieur), le tteokbokki (bâtonnets de riz dans une sauce pimentée addictive), et le mayak gimbap (petits rouleaux de riz et légumes trempés dans une sauce moutarde-soja). Les ajummas (les dames qui tiennent les stands) t’installent sur un tabouret, te servent avec efficacité et sourire, et tu repars repu pour quelques euros.

En dehors des marchés, les barbecues coréens sont une institution. On s’installe autour d’un grill encastré dans la table, on commande de la viande marinée (le fameux bulgogi ou du porc samgyeopsal), et on accompagne le tout d’une dizaine de banchan — ces petits plats d’accompagnement servis gratuitement : kimchi, radis marinés, épinards au sésame, tofu pimenté. Un repas social, généreux et mémorable.

La Starfield Library : une cathédrale de livres

Dans un registre complètement différent, j’ai aussi visité la Starfield Library, cette bibliothèque monumentale installée au coeur du centre commercial COEX à Gangnam. Avec ses étagères de 13 mètres de haut remplies de milliers de livres, l’endroit est visuellement spectaculaire. J’en parle plus en détail dans mon article dédié à la Starfield Library, mais en résumé : c’est un lieu unique qui mêle culture, architecture et vie quotidienne coréenne. On y croise des étudiants plongés dans leurs cours, des familles qui flânent, des couples qui se prennent en photo. Un symbole de la place que la Corée accorde à la connaissance et au design.

Voyager sans avion en Asie : une autre logique du temps

Mon itinéraire jusqu’ici m’a demandé du temps : pas mal de trains, des correspondances parfois longues, une nuit en mer. Mais ce temps-là m’a offert une transition progressive entre les mondes, une meilleure compréhension des lieux et des gens.

En venant à Séoul sans avion, je me rends compte à quel point nous avons désappris à ressentir la distance. Chaque frontière franchie a une saveur, chaque jour a laissé une trace. C’est une autre manière de voyager, et ça me semble aujourd’hui bien plus riche.

Il y a quelque chose de profondément satisfaisant dans le fait de pouvoir retracer son itinéraire sur une carte, de Bruxelles à Séoul, en une ligne continue passant par Moscou, le lac Baïkal, Vladivostok, la Chine et enfin la mer Jaune. Chaque tronçon a son histoire, ses rencontres, ses imprévus. L’avion efface tout cela. Le train, le bus et le ferry le préservent. Et au fond, c’est cette continuité géographique qui donne tout son sens au voyage.

Infos pratiques pour Séoul

Arriver sans avion

  • Ferry depuis la Chine : compagnie Weidong Ferry, liaison Qingdao – Incheon, traversée d’une nuit en dortoir (~120 euros)
  • Ferry depuis le Japon : plusieurs liaisons depuis Fukuoka ou Shimonoseki vers Busan, puis KTX jusqu’à Séoul (2h30)
  • Depuis Vladivostok : des liaisons maritimes existent aussi vers la Corée, bien que moins fréquentes

Se déplacer

  • Métro : ultra moderne, rapide et bon marché. Rechargeable avec la carte T-Money, disponible dans toutes les supérettes. Les lignes sont traduites en anglais.
  • Bus : réseau très complet, mais plus difficile à naviguer sans coréen. Google Maps fonctionne mal à Séoul — utilise plutôt Naver Map ou KakaoMap.

Hébergement

  • On trouve de tout : guesthouses traditionnelles (hanok), auberges de jeunesse design, capsules ou hôtels modernes. J’ai opté pour un AirBnb, bien situé et calme.
  • Quartiers recommandés : Hongdae (animé, jeune), Insadong (traditionnel), Myeongdong (central, touristique)

Manger

  • Cuisine coréenne variée, pas chère et excellente : barbecue, bibimbap, tteokbokki, kimchi, kimbap à emporter
  • Beaucoup de restos ouverts 24h. N’oublie pas le marché de Gwangjang pour une expérience authentique.
  • Budget repas : 5 000 à 10 000 wons par repas (3 à 7 euros)

Marcher

  • Séoul est entourée de sentiers de randonnée (Inwangsan, Bukhansan, Namsan). Parfait pour échapper à l’agitation et prendre de la hauteur, littéralement.

Mon avis

Séoul m’a surpris par sa complexité. C’est une ville qui ne se résume pas à ses clichés — ni uniquement high-tech, ni uniquement traditionnelle. Elle est les deux à la fois, et c’est dans cette tension que réside son charme. Arriver ici après des semaines de voyage terrestre a donné à cette escale une saveur particulière : celle d’un lieu mérité, découvert à la force des rails et des vagues.

Si tu envisages un voyage en Asie sans avion, Séoul est une étape formidable. La ville offre suffisamment de richesse pour y passer une semaine sans t’ennuyer, et sa position géographique en fait un pont naturel entre la Chine et le Japon. Mon seul regret : ne pas y être resté plus longtemps.

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