Monter dans le Transsibérien, c’est mettre le pied dans une légende vivante. De Moscou à Vladivostok, plus de 9 000 kms de rails tracent une ligne unique à travers la Russie, franchissant plaines, montagnes, forêts infinies et pas moins de sept fuseaux horaires différents ! Dans ce guide, je te raconte mon aventure à bord du fameux Transsibérien et te donne des conseils pratiques pour préparer ce voyage mythique. Et si tu veux savoir comment rejoindre le Transsibérien depuis la France en train, je te raconte tout l’itinéraire jusqu’au Japon.
C’est parti pour un voyage pas comme les autres !
- Durée du voyage : 6 jours / 7 nuits
- Distance : environ 10 000 kms sur les rails
- Budget : 350€ en 2ème classe avec l’option couchette du bas
- Expérience : magie, immersion culturelle, paysages variés, rencontres mémorables
Qu’est-ce que le Transsibérien ?
Le Transsibérien est bien plus qu’un simple train : c’est l’artère ferroviaire qui relie l’Europe à l’Extrême-Orient russe. Au retour du Japon, j'ai emprunté un itinéraire différent à travers la Russie. Découvre mon guide du retour Japon-France par la terre. Mis en service au début du XXe siècle, il s’étire sur 9 288 kms entre Moscou et Vladivostok. C’est la plus longue ligne ferroviaire continue au monde. Le voyage sans escale dure environ 6 jours / 7 nuits. Pour mon périplé, je suis parti un lundi à 01h du matin de Moscou pour arriver le lundi d’après à 6h30 à l’autre bout de la Russie, à Vladivostok.
Les types de trains pour voyager sur le Transsibérien
Contrairement à ceux que beaucoup pensent (moi compris, il y a quelques mois), voyager sur le Transsibérien ne signifie pas prendre un seul et même train. En effet, il existe différents types de trains, chacun offrant un niveau de confort et de service différents. Choisir le bon type de train est essentiel pour vivre l’expérience qui correspond le mieux à tes attentes et à votre budget.
1. Les trains réguliers (RZD)
Ce sont les trains exploités par les chemins de fer russes (RZD). Ils assurent la majorité des liaisons Moscou–Vladivostok et sont fréquentés par les voyageurs locaux et les touristes.
- Avantages : prix abordables, ambiance authentique, horaires fréquents.
- Inconvénients : confort variable selon les trains, services limités.
2. Les trains rapides (Rossiya, train n°1/2)
Le Rossiya est le train phare de la ligne Transsibérienne. Il relie Moscou à Vladivostok en environ 6 jours et 23 heures avec peu d’arrêts prolongés. C’est celui que j’ai pris !
- Avantages : confort supérieur, ponctualité, personnel expérimenté.
- Inconvénients : moins de temps pour profiter des escales.
3. Les trains touristiques privés
Ces trains sont spécialement conçus pour les voyageurs en quête de confort haut de gamme. Parmi eux, on trouve des opérateurs comme Golden Eagle ou Imperial Russia.
- Avantages : cabines luxueuses, repas gastronomiques, excursions incluses aux étapes.
- Inconvénients : prix très élevé, ambiance moins locale.
4. Les trains régionaux
Idéaux pour parcourir seulement un tronçon du Transsibérien, ces trains relient deux grandes villes voisines. Le confort est souvent simple, et les trajets sont plus courts.
- Avantages : flexibilité pour créer un itinéraire sur mesure, billets bon marché.
- Inconvénients : services réduits, pas de wagons-lits sur certains trajets.
L’itinéraire complet du Transsibérien
Voici les principales étapes du trajet classique :
- Moscou – point de départ
- Ekaterinbourg – ville-charnière entre Europe et Asie
- Novossibirsk – grande métropole de Sibérie occidentale
- Krasnoïarsk – porte des monts Sayan
- Irkoutsk – à deux pas du lac Baïkal
- Oulan-Oude – carrefour culturel russe et mongol
- Vladivostok – terminus sur les rives du Pacifique

Combien de temps prévoir pour le Transsibérien ?
Le trajet direct dure 6 jours / 7 nuits. En tant que ressortissant français, on pouvait rester seulement 16 jours en Russie quand j’ai fait le trajet. J’en ai profité pour visiter Saint Petersbourg et Moscou, mais je n’avais plus trop le temps pour des arrêts le long du Transsibérien. Bonne nouvelle ! Depuis peu, la Russie a étendu la durée de son eVisa à 30 jours. Tu pourras donc t’arrêter, notamment pour visiter le lac Baïkal, sans problème de timing !
💡 Astuce : Si j’avais eu le temps, je me serais arrêté à Ekaterinbourg, Irkoutsk et Oulan-Oude pour vivre pleinement la diversité culturelle et naturelle de la Russie. Alors n’hésitez pas à l’inclure sur ton parcours.
À bord du Transsibérien : cabines, confort et trajet
Classes et confort à bord
- 1re classe (SV) : cabine fermée pour 2 personnes, literie, espace privatif (en fonction du train)
- 2e classe (Kupe) : compartiment fermé pour 4 personnes, literie incluse
- 3e classe (Platzkart) : espace ouvert avec couchettes, moins cher mais moins intime
À bord, on trouve des samovars (bouilloires à eau chaude), un service de restauration et souvent un petit bar. Les prises électriques sont disponibles dans les couloirs ou dans certaines cabines.
Les salles de bain transsibériennes
Sur les trains réguliers du Transsibérien, il y a des douches (payantes), et des toilettes avec un petit espace lavabo à chaque extrémité de wagon. Elles sont partagées par tous les passagers du wagon.
- Propreté : en 2ème classe, c’était très bien entretenu
- Équipement : toilettes de style occidental et petit lavabo avec eau froide
- Douches : payant à la demande
Il est conseillé d’emporter quelques affaires pour rester à l’aise :
- Lingettes nettoyantes pour la toilette rapide ;
- Petite serviette en microfibre ;
- Sandales ou tongs pour circuler dans le train. Comme à la maison 😉


Le wagon-restaurant transsibérien
Chaque train du Transsibérien dispose généralement d’un wagon-restaurant. C’est un lieu convivial où l’on peut se restaurer, boire un thé et échanger avec d’autres voyageurs.
- Menu : plats russes classiques (borsch, pelmeni, escalopes), petits-déjeuners simples, boissons chaudes et froides
- Prix : légèrement plus élevés qu’en ville, mais abordables pour un repas complet (5 à 10 € en moyenne)
- Ambiance : tables partagées, décoration simple et parfois rétro, avec vue sur les paysages défilants.
Il est tout à fait possible d’apporter sa propre nourriture à bord et d’utiliser l’eau chaude gratuite des samovars pour préparer des soupes instantanées, du thé ou du café.
Le wagon-restaurant n'est pas ouvert 24h/24. Il ferme souvent la nuit et peut avoir des horaires réduits selon les trains.


Quelques anecdotes surprenantes sur le Transsibérien
Avant de passer aux infos pratiques, je voulais te partager quelques anecdotes que j’ai glanées avant et pendant mon voyage. Tu connais sûrement le Transsibérien de nom, mais ce train mythique cache pas mal de surprises. Voici celles qui m’ont le plus marqué.
- La longueur officielle n’est pas la longueur tarifaire. La ligne mesure 9 289 km sur le terrain, mais les billets sont calculés sur une distance « tarifaire » de 9 298 km. Neuf kilomètres d’écart que tu paies sans jamais les rouler.
- L’heure de Moscou est imprimée sur tous les billets. Peu importe où tu achètes ton ticket le long de la ligne, l’horaire de référence reste celui de Moscou. En Sibérie, le décalage peut atteindre +7 heures : mieux vaut faire le calcul deux fois pour ne pas rater son train.
- 60 degrés d’écart entre le wagon et le quai. Le train est chauffé autour de 25°C, parfois trop à mon goût, alors que dehors le thermomètre peut descendre à -40°C en hiver. En été, certaines régions traversées grimpent jusqu’à 35°C.
- Autrefois, on posait les rails sur la glace du Baïkal. Le Transsibérien longe le lac Baïkal, le lac d’eau douce le plus profond du monde. Avant que la ligne ne le contourne, on faisait carrément passer le train sur des rails posés directement sur la glace gelée en hiver. Une pratique qui n’a plus cours aujourd’hui.
- Un train qui relie deux continents. La ligne se trouve à la fois en Europe et en Asie, et certains itinéraires connexes prolongent même le voyage jusqu’à Pékin. C’est l’une des raisons pour lesquelles ce trajet fait autant rêver.
- Le seul lien avec le monde pour des villages entiers. Une grande partie de la population sibérienne vit le long des rails. Pour certains villages isolés, sans route ni aéroport accessible, le Transsibérien reste le seul moyen de rejoindre le reste du pays.
- Certaines portions étaient interdites aux étrangers. Jusqu’aux années 1990, des tronçons traversant des zones militaires étaient fermés aux non-Russes. Aujourd’hui, c’est au contraire la diversité de ses passagers qui fait le charme du voyage.
- Une version à grande vitesse est à l’étude. La Russie travaille depuis quelques années sur des trains rapides censés réduire le trajet Moscou-Vladivostok de 7 jours à 2 jours. Pour ma part, je suis bien content que le voyage dure une semaine : c’est tout ce temps qui en fait une aventure.
Infos pratiques spéciales Transsibérien
Prix et réservation des billets de train
Tu te doutes, le prix varie selon la classe, la saison et le nombre d’arrêts, mais aussi du type de couchette (plus cher en bas) et même de la personne qui vous vend le billet. Je vous donne donc des prix approximatifs :
- 3e classe : autour de 200 € pour Moscou–Vladivostok direct
- 2e classe : entre 300 et 500 €
- 1re classe : 500 € et plus
Avec les restrictions en Russie, on ne peut plus y utiliser de carte bancaire VISA. Certains sites comme RussianRailways permettent encore d'acheter les billets avec ce type de carte, tout en prenant une commission, méthode pour laquelle j'ai opté. Si tu veux payer moins cher, sache que le comptoir reste la meilleure option, mais ça sera probablement difficile de réserver de bonnes places.
L'e-visa russe étendu à 30 jours
Depuis le 23 août 2025, la Russie a doublé la durée de séjour autorisée avec l'e-visa : 30 jours au lieu de 16, et une validité du visa qui passe de 60 à 120 jours. Pour le Transsibérien, ça change tout : tu peux désormais t'arrêter sereinement à Iekaterinbourg, Irkoutsk, Oulan-Oudé ou faire un détour par le lac Baïkal sans courir contre la montre.
Source : evisa.kdmid.ru (site officiel du ministère russe des Affaires étrangères)
Visa et formalités pour la Russie
Pour voyager en Russie, tu devras faire la demande d’un E-Visa. Pour ce faire, pense à vérifier :
- La validité de ton passeport (doit être valable encore 6 mois après la date de sortie du pays) ;
- Pas besoin de lettre d’invitation ;
- Assurance voyage obligatoire : j’ai choisi attolloassistanc.
Depuis mon voyage, la donne a changé côté réservation. Ostrovok (le « Booking russe », plus de 218 000 hébergements) accepte désormais le paiement par carte MasterCard étrangère depuis l'UE et le Royaume-Uni (Visa n'est pas encore pris en charge). Au moment de payer, choisis bien « Credit card » et non « FPS », le système de paiement instantané russe réservé aux cartes russes. Sans MasterCard, tu peux quand même réserver de nombreux établissements en filtrant sur « No credit card needed » / « Pay on the spot » et régler en roubles à l'arrivée.
Autre changement utile : le décret russe n°1912/2025, en vigueur depuis le 1er mars 2026, impose le remboursement à 100 % de toute annulation faite avant le jour d'arrivée, quel que soit le tarif souscrit. En cas de no-show ou d'annulation le jour même, l'hôtel ne peut retenir qu'une nuit maximum : les tarifs « non remboursables » perdent leur protection juridique.
Sources : Ostrovok (blog officiel) · décret gouvernemental n°1912 du 27/11/2025 (détail). Vérifié juin 2026.
Que mettre dans ses bagages ?
- Snacks et nouilles instantanées (parfaites avec le samovar) ;
- Tongs pour circuler dans le train ;
- Bouchons d’oreilles et masque de nuit ;
- Petite trousse de premiers secours.
💡 Astuce confort : Un foulard ou paréo est pratique pour se changer discrètement dans le compartiment.
Mon expérience à bord du Transsibérien
Mon départ de Moscou, très tôt un matin de février, a marqué le début d'une immersion totale. Le voyage en lui-même a été d'une magie absolue.
J'ai eu la chance de partager cette expérience avec une Russe qui a été ma coloc pendant toute la semaine. Même si on ne se comprenait pas (elle ne parlait pas anglais, et moi pas russe), on a réussi à échanger par les gestes et les sourires.
Tous les soirs, je regardais le soleil se coucher sous ma couette. La différence de température entre l'intérieur et l'extérieur sur cette période était vertigineuse : 25 °C dedans, -25 °C dehors. Chaque jour, le décalage horaire changeait d'une heure. Mais j'avoue que je ne l'ai pas vraiment senti, mes journées se ressemblant, mais avec chacune une magie différente.
Parce que dans ce cas, je pense qu'une vidéo vaut mieux que de longs mots, je te laisse monter à bord du Transsibérien avec moi juste en dessous.
Si le voyage en train de nuit t’intéresse au-delà du Transsibérien, tu peux explorer le réseau de trains de nuit européens sur notre carte interactive.
FAQ
Combien de temps dure le trajet complet du Transsibérien ?
Le trajet direct de Moscou à Vladivostok dure environ 7 jours sans escale. Mais pour profiter pleinement de l’expérience, il est conseillé de faire plusieurs arrêts et de prévoir 2 à 3 semaines de voyage.
Peut-on descendre du train pendant le voyage ?
Oui ! Les gares prévoient des arrêts plus ou moins longs ; certains permettent de se dégourdir les jambes et d’acheter à manger sur le quai. Mais pour vraiment explorer une ville, il faut planifier un arrêt de plusieurs jours et reprendre un autre train ensuite.
Quelle est la meilleure période pour voyager en Transsibérien ?
Tout dépend de l’expérience recherchée :
Automne (septembre) : couleurs magnifiques des forêts sibériennes.
Été (juin à août) : journées longues, températures douces, paysages verdoyants.
Hiver (décembre à février) : atmosphère féerique sous la neige, températures glaciales, paysages enneigés.
Peut-on acheter son billet directement à la gare en Russie ?
Oui, il est possible d’acheter son billet directement aux guichets des gares russes. Cependant, pour les trajets longue distance et en haute saison, il est vivement recommandé de réserver en ligne sur russialRailways ou autre plusieurs semaines à l’avance afin d’avoir plus de choix de classes et de places.
Y a-t-il du wifi ou des prises électriques à bord du Transsibérien ?
Sur la plupart des trains réguliers, le wifi n’est pas disponible. Mieux vaut prévoir un forfait mobile avec couverture internationale pour garder un minimum de connexion lors des arrêts en gare.
Le Transsibérien est-il sûr pour voyager seul(e) ?
Oui, le Transsibérien est considéré comme sûr, y compris pour les voyageurs en solo. Les Russes sont généralement accueillants et respectueux. Toutefois, comme dans tout voyage, il est conseillé de garder ses affaires personnelles en sécurité, surtout la nuit en 3e classe (Platzkart).
Est-ce qu’il y a des prises dans le Transsibérien ?
Oui, j’imagine que ça dépend du train mais pour ma part j’étais dans le Rossiya et il y avait bien des prises en 2ème classe.
Je te partage comme d’habitude les liens vers le contenu photo et vidéo de mon aventure un peu folle et bas-carbone au Japon.
C’est par ici pour embarquer avec moi sur les rails :
Instagram | YouTube | TikTok
Et pour ceux qui prennent le train en marche, lisez ici tous les articles précédents.
On se retrouve sur les réseaux sociaux, et la semaine prochaine pour toujours plus d’infos !
💡 Conseil assurance : Pour un voyage aussi long, une bonne assurance voyage est indispensable. Je te donne tous mes conseils dans mon guide complet sur l’assurance Chapka.
Le terminus de la ligne mérite le détour : découvre Vladivostok, terminus du Transsibérien.







Laisser un commentaire