Train de nuit européen filant dans la nuit, fenêtres éclairées

Train de nuit France-Italie : l’Espresso Riviera suspendu

Si tu rêvais de relier l’Italie au sud de la France en train de nuit cet été, mauvaise nouvelle. Le train de nuit France Italie que Trenitalia avait lancé sous le nom d’Espresso Riviera ne circulera pas pendant la saison estivale 2026. Un coup dur pour tous ceux qui, comme moi, croient au renouveau des trains de nuit en Europe. Et une décision qui en dit long sur les obstacles que rencontrent encore les opérateurs ferroviaires quand ils veulent franchir les frontières.

L’information a été révélée par Railtech le 25 mars 2026. Je t’explique ce qui se passe, pourquoi c’est problématique, et ce que ça signifie pour l’avenir du ferroviaire transfrontalier.

Les faits clés : un train de nuit France Italie victime de blocages côté français

L’Espresso Riviera, c’était un concept qui faisait rêver : un train de nuit vintage opéré par Trenitalia (filiale du groupe FS, l’opérateur historique italien), reliant l’Italie au sud de la France. Le genre de liaison qui manque cruellement au réseau européen, surtout pour ceux d’entre nous qui voyagent sans avion.

Intérieur d une cabine couchettes dans un train de nuit européen
L’intérieur d’une cabine couchettes, le type de confort que proposait l’Espresso Riviera

Le problème ? Trenitalia pointe du doigt des contraintes opérationnelles du côté français. Plus précisément, c’est une question de locomotives. Pour circuler sur le réseau français, il faut des engins moteurs compatibles et homologués. Et visiblement, Trenitalia n’a pas pu réunir les conditions nécessaires pour faire rouler son train côté SNCF cette saison.

Ce n’est pas un problème de demande — bien au contraire. Railtech souligne que la demande initiale était forte. Les voyageurs étaient au rendez-vous. Le marché existe. Mais les barrières opérationnelles et réglementaires ont eu raison du projet, au moins pour cet été.

On parle ici d’un sujet récurrent dans le ferroviaire européen : la libéralisation du rail et l’accès au réseau pour les opérateurs étrangers. Quand un Trenitalia veut faire rouler ses trains en France, il se heurte à un mur de contraintes techniques, administratives et logistiques. Et c’est exactement ce qui vient de se passer.

Pourquoi cette suspension est une mauvaise nouvelle pour les voyageurs (et le climat)

Soyons clairs : chaque train de nuit qui ne circule pas, c’est une défaite collective. Pour les voyageurs, pour le climat, pour l’idée même d’une Europe accessible autrement qu’en avion.

Village coloré de Manarola sur la côte des Cinque Terre en Ligurie italienne
Manarola, Cinque Terre — le genre de destination que l’Espresso Riviera devait rendre accessible en train de nuit

Le sud de la France et l’Italie, c’est l’un des axes touristiques les plus empruntés du continent. Des millions de personnes font ce trajet chaque année. Et la majorité le fait en avion ou en voiture. Un train de nuit sur cet axe, c’était une alternative bas carbone concrète, le genre de solution qu’on réclame à longueur de tribunes et de rapports sur la transition écologique.

La demande était là. Les voyageurs étaient prêts à monter à bord. Ce qui a manqué, ce ne sont pas les passagers — ce sont les conditions pour faire rouler le train. C’est profondément frustrant.

Ça me rappelle d’ailleurs les difficultés que d’autres opérateurs rencontrent pour lancer ou maintenir des liaisons transfrontalières. Si le sujet t’intéresse, je te recommande mon article sur Nox Mobility et leurs projets de trains de nuit en Europe — un autre acteur qui tente de secouer le marché, avec son lot de défis.

Comment en profiter : les alternatives pour voyager de nuit entre la France et l’Italie

L’Espresso Riviera ne roulera pas cet été, mais ça ne veut pas dire que tu n’as aucune option pour voyager en train entre la France et l’Italie. Voici quelques pistes :

  • Les trains de jour restent une option solide. Les TGV et Frecciarossa circulent entre Paris et plusieurs villes italiennes. Tu peux réserver facilement via Trainline pour comparer les horaires et les prix.
  • Combiner des tronçons : tu peux par exemple prendre un train de nuit français (Paris–Nice, par exemple, si les Intercités de nuit circulent) puis enchaîner avec un régional vers l’Italie le lendemain matin. Pas aussi fluide qu’un direct, mais ça fonctionne.
  • Les trains de nuit d’autres opérateurs : le réseau européen de trains de nuit se reconstruit lentement. European Sleeper développe ses lignes, notamment vers Hambourg depuis Paris et Berlin. Pas sur l’axe France-Italie pour l’instant, mais ça montre que le mouvement est en marche. Tu peux d’ailleurs visualiser toutes ces liaisons sur notre carte des trains de nuit en Europe.

Garde un œil sur les annonces de Trenitalia dans les mois qui viennent. La suspension est annoncée pour l’été 2026, mais rien ne dit que le projet est abandonné définitivement.

Mon avis : le vrai problème, c’est l’accès au réseau

Ce qui me frappe dans cette histoire, c’est à quel point le problème n’est pas la demande. Les gens veulent prendre le train de nuit. Trenitalia veut le faire circuler. Et pourtant, ça coince.

Train arrivant en gare européenne de nuit, éclairage urbain
Une gare européenne de nuit — le décor familier des voyageurs en train de nuit, quand les liaisons existent

Le nœud du problème, c’est l’interopérabilité ferroviaire en Europe. On a un continent où chaque pays a ses propres règles, ses propres systèmes de signalisation, ses propres exigences en matière de matériel roulant. Faire traverser une frontière à un train, c’est un parcours du combattant administratif et technique.

La question des locomotives est emblématique. Il ne suffit pas d’avoir un train et des passagers — il faut des engins compatibles avec le réseau du pays voisin. Et quand ces engins ne sont pas disponibles, tout s’arrête. C’est absurde à l’heure où l’on parle d’espace ferroviaire européen unique.

Je ne jette la pierre à personne en particulier — ni à la SNCF, ni à Trenitalia. Le problème est systémique. Mais il est urgent de le résoudre si l’on veut que le train de nuit redevienne une alternative crédible à l’avion sur les grands axes européens.

En attendant, je continue de croire au slow travel et au voyage bas carbone. Chaque liaison qui s’ouvre (ou qui tente de s’ouvrir) est un pas dans la bonne direction, même quand le chemin est semé d’embûches. L’Espresso Riviera reviendra peut-être en 2027. Et ce jour-là, je serai probablement dans le premier train.


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